Objets traditionnels coréens

Les objets traditionnels coréens racontent une manière de vivre où l’utile et le beau vont ensemble. Vêtements, accessoires, contenants, lanternes ou petits meubles ne servent pas seulement à répondre à un besoin pratique : ils traduisent aussi un sens de l’élégance, du soin apporté aux gestes du quotidien et du lien entre artisanat et culture.

Hanbok (한복)

Le hanbok est le vêtement traditionnel coréen. Autrefois porté au quotidien, il est aujourd’hui surtout associé aux fêtes, aux cérémonies, aux mariages, aux anniversaires importants et aux grandes occasions. On le reconnaît à ses lignes simples, à son volume élégant et à l’harmonie de ses couleurs.

Les principales pièces du hanbok féminin

  • Jeogori (저고리) : la veste courte portée sur le haut du corps.
  • Otgoreum (옷고름) : les longs rubans noués sur le devant du jeogori ; leur nœud participe beaucoup à l’esthétique du vêtement.
  • Chima (치마) : la longue jupe ample, portée taille haute.
  • Dongjeong (동정) : le petit col blanc visible au bord du col, détail discret mais très caractéristique du hanbok.

Jangdok (장독)

Le jangdok est une grande jarre traditionnelle en terre cuite, utilisée pour la fermentation et la conservation. On y préparait et stockait notamment des condiments essentiels de la cuisine coréenne, comme certaines pâtes ou sauces fermentées. Ces contenants laissent circuler l’air et l’humidité de manière adaptée, ce qui favorise une fermentation lente et profonde.

Au-delà de son aspect pratique, le jangdok représente très bien l’importance de la fermentation dans la culture culinaire coréenne. Il évoque une cuisine du temps long, de la patience et du savoir-faire transmis.

Cheongsachorong (청사초롱)

Le cheongsachorong est une lanterne traditionnelle coréenne. À l’origine, il s’agit d’une lanterne portative destinée à éclairer le chemin ; aujourd’hui, elle est aussi fortement associée à l’imaginaire des palais, des cérémonies et des promenades nocturnes. Sa version la plus connue combine souvent le rouge et le bleu, couleurs liées à l’équilibre du yin et du yang.

Soban (소반)

Le soban est une petite table individuelle, souvent basse, utilisée pour servir ou présenter le repas. Elle correspond bien à la tradition coréenne du repas pris au sol et au soin apporté à la présentation. Portable, elle fait à la fois office de table et de plateau.

Le soban montre que même un objet très quotidien peut devenir un objet d’artisanat raffiné. Selon les régions et les époques, sa forme, ses pieds et son décor pouvaient varier.

Buchae (부채)

Le buchae est l’éventail traditionnel coréen. Il sert d’abord à s’éventer pendant les périodes chaudes, mais il a aussi une dimension artistique importante : support de peinture, d’ornement ou de performance, il dépasse largement sa simple fonction pratique.

Bojagi (보자기)

Le bojagi est un tissu traditionnel utilisé pour envelopper, couvrir, protéger ou transporter des objets. Il a longtemps fait partie de la vie quotidienne, que ce soit pour emballer un cadeau, transporter des affaires ou recouvrir quelque chose avec soin.

Le bojagi est particulièrement intéressant parce qu’il unit parfaitement utilité et beauté. Ses pliages, ses nœuds et parfois ses assemblages de tissus en font un objet à la fois pratique, élégant et très représentatif du sens coréen du détail.

Norigae (노리개)

Le norigae est un ornement suspendu porté avec le hanbok, souvent attaché à la jupe ou aux rubans du vêtement. Il est décoratif, mais il porte aussi une dimension symbolique : selon ses motifs et ses formes, il peut évoquer la chance, la prospérité, la longévité ou la protection.

Gat (갓)

Le gat est un chapeau traditionnel coréen, particulièrement associé aux hommes à l’époque Joseon. Fabriqué notamment en crin de cheval, il se reconnaît à sa calotte haute et à son large bord. Plus qu’un simple couvre-chef, il était aussi un marqueur social et un élément important de la tenue formelle.

Binyeo (비녀)

Le binyeo est une épingle à cheveux traditionnelle. Elle servait à maintenir la coiffure, en particulier les chignons, tout en jouant un rôle décoratif. Sa matière, sa taille et son ornementation pouvaient varier selon le rang social et les circonstances.

C’est donc un objet à la fois pratique et esthétique, qui montre bien comment les accessoires de coiffure pouvaient faire partie intégrante de l’identité visuelle et sociale.

Jageham (자개함)

Le jageham peut être présenté comme un coffret traditionnel en nacre, souvent utilisé pour ranger des bijoux ou de petits objets précieux. Il renvoie à l’art coréen de la laque incrustée de nacre (najeonchilgi), l’un des artisanats les plus raffinés de Corée.

Yangbantal (양반탈)

Le yangbantal est un masque traditionnel représentant un yangban, c’est-à-dire un membre de l’ancienne classe lettrée et aristocratique de Corée. Il est surtout associé aux spectacles de talchum, les danses masquées coréennes, où les personnages servent souvent à critiquer la société, à caricaturer les puissants ou à faire rire le public.

Cet objet n’est donc pas un accessoire du quotidien au sens pratique, mais un objet très important dans les arts populaires coréens. Il permet d’aborder le théâtre, la satire, les classes sociales et la richesse des traditions scéniques coréennes.

Janggu (장구)

Le janggu est un tambour traditionnel coréen en forme de sablier. Il se joue avec deux baguettes ou avec une baguette et la main, selon le style musical. On le retrouve dans de nombreux contextes : musique de cour, musique folklorique, accompagnement de danses, rituels et spectacles traditionnels.

Le janggu est l’un des instruments les plus emblématiques de la musique coréenne. Sa forme particulière permet de produire plusieurs types de sons et de rythmes, ce qui en fait un excellent objet pour introduire la diversité des arts musicaux coréens.

Palgakham (팔각함)

Le palgakham est un coffret ou une boîte traditionnelle de forme octogonale. Il servait à ranger de petits objets précieux, des accessoires, des bijoux ou parfois des documents de valeur. Selon les époques et les usages, il pouvait être fabriqué en bois, laqué, décoré ou orné de motifs raffinés.

Dojagi (도자기)

Le mot dojagi désigne la céramique coréenne au sens large. Cela comprend aussi bien des objets utilitaires que des objets décoratifs : bols, assiettes, vases, jarres, brûle-parfums ou contenants divers. La Corée est particulièrement célèbre pour la finesse de certaines traditions céramiques, comme le céladon, le buncheong ou la porcelaine blanche.

Le dojagi montre bien comment un objet de la vie quotidienne peut devenir un support d’art et de savoir-faire. À travers la céramique, on découvre à la fois les usages de la table, le stockage, les rites, mais aussi l’histoire de l’art coréen.